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2147, l'Afrique
En résidence du 4 au 18 avril
Jeudi 12 avril à 20H30


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Tout commence par cette phrase prononcée en juin 2004 par l'Administrateur du Programme des Nations-Unies pour le Développement qui prévoit, si tout va bien, la fin de la moitié de la pauvreté pour l'année 2147.

“A en croire le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'Afrique vient de reculer d'un siècle, dans l'indifférence générale. Le 15 juin, à l'issue de la réunion annuelle d'administration du PNUD, Mark Malloch Brown a annoncé: “qu'au rythme actuel, l'Afrique n'atteindra pas l'objectif de réduction de moitié de la pauvreté avant 2147”. Stephen Smith, Le Monde, 2 juillet 2004.

2147, une date issue de la statistique, ridicule par sa précision administrative, scandaleuse par l'impuissance et le cynisme qu'elle suppose. Le metteur en scène Moïse Touré a invité le chorégraphe Jean-Claude Gallotta à l'accompagner au Sénégal et au Mali pour aller y voir de plus près, pour proposer à des artistes africains de s'exprimer avec eux sur le sujet, par la fiction, par la scène.

Sans doute le théâtre, la danse, la musique ne peuvent-ils rien contre cette chronique d'une fatalité annoncée mais ils peuvent au moins en secouer la réalité, refuser de voir les peuples africains comme des victimes, les vouloir acteurs de leur destin. A la phrase de Stephen Smith "il faut aimer l'Afrique sans pitié" répond, en écho, la réplique d'un des personnages de Boubacar Boris Diop : "Et vous-mêmes qu'avez-vous donné en échange à ces toubabs qui vous ont apporté des vivres ?". Ni la condescendance racialiste, ni l'imputation de tous les maux de leur terre à la tutelle coloniale, ni la contrition de l'Occident ne sauraient bien sûr ouvrir un avenir à l'Afrique...

Si toutefois, devant cette voie étroite, nous étions tentés à notre tour par le fatalisme, écoutons et ré-écoutons la fin du même discours de l'administrateur du PNUD : "Cette année, le léger rétrécissement de nos lignes de pauvreté nous a obligés à abandonner la date de 2147. Si la tendance actuelle se poursuit, la pauvreté en Afrique ne diminuera jamais de moitié ".

Textes originaux de : Boubacar Boris Diop, Dieudonné Niangouna, Hubert Colas
Mise en scène : Moïse Touré / Jacques Prunair
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta / Karoline Boureau
Musique originale : Rokia Traoré
Dramaturgie : Claude-Henri Buffard
Lumière et son : Rémi Lamotte / Joel Silvestre

Interprètes : Lassann Congo / Richard Adossou / Ténin Damba / Kary Bogoba Coulibaly / Kankouboula Doumbia / Aminata Coulibaly / Patrick-Juvet Baka / Angele Kodro Aoussou
Mamadou Diabaté / Lassina Diabaté.

Lieu : Salle Icare
Tarifs : 1000 / 1500 FCFA

Une coproduction Bonlieu, scène nationale d'Annecy / MC2 : maison de la culture de Grenoble / Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie / Centre chorégraphique national de Grenoble / Compagnie Les Inachevés / Culturesfrance / les CCF de Bamako de Bobo-Dioulasso.

2000 ans au bord du Mouhoun
Fouilles archéologiques de Douroula
Du 11 au 28 avril

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Le Mouhoun est considéré comme l'un des plus grands cours d'eau du Burkina. Prenant sa source dans les formations gréseuses de l'ouest du pays, il infléchit sa course vers l'est puis le sud, décrivant ainsi une courbe qui donne son nom à la région administrative de la boucle du Mouhoun.

Peu de recherches archéologiques ont concerné cette région. Depuis 1995, le Dr Lassina Koté, enseignant chercheur au Département d’Histoire de l'Université de Ouagadougou, en partenariat avec le Pr. Augustin F.C Holl enseignant à l’Université du Michigan (Etats-Unis), entreprend inlassablement des prospections et des fouilles dans la région de Douroula.

Des restes d'habitations ou de fourneaux, d'innombrables fragments de poteries, des objets en fer, des squelettes et autres ossements, constituent autant de témoins d'une occupation de cette zone aux phases les plus anciennes du LSA (Latest Stone Age).

Comment et de quoi vivaient ces hommes ? Quelle était la nature de leurs productions matérielles ?

Pour la première fois au Burkina Faso, au travers d’une exposition, nous tentons d'apporter des éléments de réponse et un nécessaire éclairage sur une partie encore trop méconnue de cette histoire.

Conférence par le Dr Lassina Koté:
L’Archéologie et la question des siècles obscurs au Burkina-Faso
Jeudi 19 avril à 18H30

L’historiographie considère que la période entre le début de l‘ère chrétienne et l’avènement des grandes formations politiques, à savoir les Empires du Ghana, du Mali et du Songhai est celle d’un vide historique en Afrique Noire. Le développement des recherches archéologiques démontre que cette assertion se justifie entre autre par un manque d’informations mais aussi par une absence de dynamique sociale dans ces régions. Le propos du Dr L. Koté consistera à définir ce concept au Burkina Faso et voir en quoi l’archéologie permet d’y apporter un éclairage.

Lassina Koté, maître assistant d’archéologie et de préhistoire, est enseignant chercheur au Département d’Histoire de l'Université de Ouagadougou. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université Paris X (Nanterre) en ethnologie et en sociologie comparative, option préhistoire.

Xavier Lot et Bienvenue Bazié en résidence création du 18 au 28 avril

Zones d'influences et Welcome to Bienvenue (extraits)
Jeudi 26 avril à 20H30

Présentation d’une étape de travail : Zones d'influences

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Cette création traitera de la manière dont le corps subit et retranscrit les informations qu'il reçoit du monde extérieur.
Comment le sensible et le perceptif chez l'individu se manifestent- ils?
Quelles humeurs cela nous procure t-il?
Comment l'extérieur, le monde de l'information alimente nos humeurs, nos pensées, nos actions, nos prises de positions ?
Comment sommes nous manipulés dans nos humanités afin de commettre parfois l'irréparable?
Xavier Lot

A l’occasion de leur résidence au CCF de Bobo-Dioulasso, Xavier Loth, danseur et chorégraphe se propose de travailler sur son prochain solo intitulé : “Zones d’influences”. Cette création traitera de la manière dont le corps subit et retranscrit les informations qu'il reçoit du monde extérieur :

“Dans le cadre de ma collaboration avec Bienvenue Bazié, il me semble important que nous puissions à tour de rôle chacun poser notre regard sur l'autre. Dans le cadre de ce projet, Bienvenue sera le regard extérieur, c'est lui qui me fera répéter et me donnera le premier ces avis et pensées.”
Xavier Lot

Présentation d’extraits du solo : Welcome to Bienvenue

Welcome To Bienvenue est une biographie de notre histoire commune dont le corps visé, tamponné, identifié est la réalité de mon invitation à Bienvenue.

Ces traces indélébiles restent sourdes mais il gronde malgré nous une pulsation que l'on ne peut arrêter et qui ne cesse de se réveiller.
Avec Bienvenue, notre sensation est proche de l'état du long voyage traversant tout aussi bien la poussière du village sahélien de ses ancêtres, que les postes frontières des aérogares de pays industrialisés. Un voyage où nous devons perpétuellement tout réinscrire parce que tout s'efface. Xavier Lot

Atelier de formation en danse contemporaine animé par Xavier Lot :
Les 20, 21,24 et 25 avril de 17H à 20H
Xavier Loth travaillera sur l’utilisation de la danse traditionnelle pour inventer de nouvelles gestuelles Après une introduction élaborée à partir d'un travail au sol, la mise en mouvement des corps s'établira sur l'écoute des rythmes respiratoires. La deuxième partie du travail s'effectuera sous forme d'ateliers de recherche, basés sur des d'exercices d'écoute mettant l'individu en avant à partir du groupe.

Réalisation d’un documentaire :
Dans le cadre de la réalisation d’une série nommée “Les ailleurs chorégraphes”, Xavier Loth se propose de réaliser des portraits dansés d’Omer Yaméogo et de Bienvenue Bazié.

Ces portraits ont pour fonction de faire découvrir le travail et les recherches chorégraphiques menés par des chorégraphes pas ou peu reconnus. La particularité de ces artistes est qu'ils vivent et travaillent dans des lieux éloignés des grandes capitales. Là où la culture et les arts sont moins valorisés.